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Les relations toxiques

  • Photo du rédacteur: Olivier Valsecchi
    Olivier Valsecchi
  • 16 déc. 2025
  • 6 min de lecture
© Olivier Valsecchi
© Olivier Valsecchi

Préambule 1 : Il arrive souvent que les personnes « s’annoncent » telles qu’elles sont (par exemple : « j’avoue que je suis un peu susceptible », « je suis un peu borderline », « je pars au quart de tour »), mais que nous nous refusons d’entendre ce qu’elles disent d’elles qui nous dérange. Petit conseil : quand une personne donne des informations sur elle-même, croyez-la !

 

Préambule 2 : Certains profils sont plus que d’autres impliqués dans des relations toxiques : personnalité obsessionnelle (a une vision rigide des choses, tendance à tout contrôler, imposer ses règles et aimer que les choses se fassent à sa façon) ; personnalité dépendante (de par ses insécurités, peut être envahissante, jalouse, possessive), personnalité narcissique (caractérisée par un manque d’empathie et une trop grande importance accordée à ses propres besoins au détriment de ceux des autres), passive-agressive (communication hostile sous des airs harmonieux, marquée par la résistance et une tendance à « bloquer » une situation), paranoïaque (méfiance incessante, tendance à la rancœur, la vengeance, à riposter disproportionnellement, à rapidement se sentir lésé, personnalité procédurière).

 

Les redflags (= drapeaux rouges, alertes, points de vigilance)

 

Redflag n°1 : L’immaturité émotionnelle. Se repère particulièrement dans les conflits : la personne ne sait pas reconnaître ses torts, peut bouder suite à une dispute, ne plus donner de nouvelles pendant plusieurs jours. Elle ne sait pas être en désaccord et veut imposer sa vision des choses, ne prend pas ses responsabilités, reporte la faute sur l’autre.

 

Redflag n°2 : La susceptibilité. Petite sœur de l’immaturité, la susceptibilité est due à une mauvaise image de soi. Face aux personnes susceptibles, on sent qu’il faut marcher sur des œufs. On réfléchit à deux fois avant d’exprimer quelque chose, on choisit soigneusement les mots avec lesquels on exprime ses idées, parfois même on se censure de peur de vexer l’autre.

 

Redflag n°3 : Les flous et les non-dits. Selon l’expression consacrée, « quand y’a un flou, y’a un loup. » La personne répond de façon évasive aux questions, ou avec des détours qui noient le poisson. Cela donne l’impression « de ne pas en savoir plus » à l’issue de la conversation. La personne n’aborde pas les sujets qui fâchent, de peur de se dévoiler et de trop exprimer ses positions adverses. Ne pas dire les choses clairement lui permet de laisser toute la place aux interprétations et aux malentendus. De ce fait la personne peut garder un certain contrôle : « nous n’avions pas abordé cette question et je ne l’entendais pas comme ça », « nous avions dit que nous ferions les choses en bonne intelligence » (expression trop floue : l’intelligence de qui ? la sienne ou la vôtre ?).

 

Redflag n°4 : La bizarrerie. Tout ce qui est bizarre, décalé, ou qui sonne faux doit éveiller la vigilance car cela cache souvent quelque chose de plus sombre. Quand on trouve quelqu’un bizarre, c’est généralement que son comportement n’est pas dans la norme attendue. Que ce soit un défaut de politesse, un ton un peu trop familier, une absence de courtoisie, des réactions excessives, des rires qui semblent exagérés, ils peuvent laisser une impression d’étrangeté ou de malaise, quelque  chose d’inadapté.

 

Redflag n°5 : L’incompréhension fréquente. La personne comprend souvent de travers ce que vous dites, vous force régulièrement à reformuler votre propos (alors que vous êtes généralement un interlocuteur qui s’exprime clairement, les autres vous comprennent très bien), vous sentez que vous n’êtes pas tout à fait sur la même longueur d’ondes, voire que l’autre fait un peu semblant de ne pas comprendre. Bizarrement, elle comprend toujours très bien quand c’est à son avantage.

 

Redflag n°6 : L’urgence. La personne semble être pressée (d’emménager ensemble, de faire un bébé, tout ce qui peut vous lier durablement) ce qui vous donne le sentiment de ne pas avoir le temps de prendre une décision éclairée, de ne pas pouvoir peser le pour et le contre ou faire respecter votre rythme.

 

Redflag n°7 : La jalousie et la possessivité, souvent en lien avec la dépendance affective, sont les signes d’une relation à tendance fusionnelle, envahissante. Les comportements les plus visibles sont la surveillance des allées et venues, du téléphone, la privation des libertés, de voir ses amis.

 

Redflag n°8 : Les injonctions paradoxales sont des messages contradictoires qui rendent difficile de respecter une règle sans enfreindre l’autre (« Faites-moi un compte-rendu exhaustif de la réunion d’hier je vous prie, en quelques mots »). On ne sait plus sur quel pied danser avec cette personne, on n’est pas sûr d’avoir compris ce qu’elle attend de nous. On se sent comme déséquilibré.

 

Redflag n°9 : L’asymétrie, ou la non-réciprocité. Vous avez le sentiment de toujours devoir gagner la confiance de l’autre sans qu’elle n’essaie de gagner la vôtre, de toujours devoir faire vos preuves, d’être toujours celui ou celle qui fait les efforts. L’autre se comporte comme si tout lui était dû et ne donne pas grand-chose.

 

Autres redflags :

- l’incohérence entre les paroles et les actes,

- la tendance à contredire en permanence vos propos,

- les humeurs changeantes,

- la nonchalance (en dit long sur les efforts que la personne est prête à faire),

- le manque de ponctualité (manque d’organisation et de considération pour ceux qui attendent ; les retards peuvent être également le signe d’une résistance, afin de faire plier les autres à leur rythme de façon passive agressive),

- le manque de savoir-être (le fameux sans-gêne),

- l’antipathie,

- les antécédents de conflits (ruptures explosives, la personne a du mal à garder ses amis),

- la victimisation (c’est toujours la faute des autres).

 

Les règles pour éviter les relations toxiques :

 

Règle n°1 : Faîtes-vous confiance. Suivez votre intuition, ne mettez pas vos doutes sous le tapis. Écoutez votre corps : quelles sensations ressentez-vous au contact de la personne ? Avez-vous de l’appréhension avant de la voir ? Vous sentez-vous mal à l’aise après l’avoir vue ? Restez attentif aux « bizarreries de contact ». Si le contact avec la personne paraît faux, en décalage avec le bon sens, cela doit vous alerter. Vous sentez que l’autre n’est pas tout à fait authentique, est trop énigmatique, cache des secrets ? C’est peut-être le cas. Mieux vaut s’en assurer. Dans une relation saine et authentique, rien ne paraît ni bizarre, ni artificiel. Les échanges sont fluides et sincères. La personne répond franchement aux questions, se dévoile, se montre telle qu’elle est.

 

Règle n°2 : N’ayez pas peur de lever les non-dits. Posez des questions franches, quitte à paraître indélicat (« Je suis désolé de te poser une question si directe, mais j’ai vraiment de savoir si on va dans la même direction »).

 

Règle n°3 : Prenez le temps avant de vous engager dans une relation. Sans être méfiant vous-même, ne donnez pas votre confiance aveuglément. Ne brûlez pas les étapes. Le temps permet d’observer si des signes précurseurs de toxicité apparaissent.

 

Règle n°4 : Une relation saine est une relation sécurisante. Vous sentez profondément que l’autre souhaite prendre soin de vous. Si vous vous sentez débalancé(e) dans une relation, c’est probablement parce qu’elle ne répond pas réellement à vos besoins.

 

Règle n°5 : Croyez ce que la personne dit d’elle-même, observez la façon dont elle se raconte et essayez d’en décoder les conséquences (« Je me sens vite envahie » peut vouloir dire que la personne a un rapport compliqué à l’intimité, et vous mettra à distance à la moindre occasion ; « J’arrive tous les jours au travail avec une heure de retard » peut signifier que la personne s’attend à un traitement de faveur, n’obéit pas aux mêmes règles que les autres).

 

Règle n°6 : Soyez attentif à la façon dont la personne vous traite sur les premières rencontres. Si lors du premier rendez-vous galant, un homme vous reçoit chez lui, la télé allumée devant un match de football, avec une pizza surgelée, ne parle que de lui et ne semble pas intéressé de vous connaître, cela en dit long sur le manque d’égards à votre endroit ainsi que la façon dont il vous traitera dans le futur. Soyez tolérant(e), mais pas trop indulgent(e).

 

Règle n°7 : N’entrez pas en relation avec quelqu’un en vous disant que vous allez changer tout ce qui vous déplaît en elle/lui. Être en relation exige de faire des compromis certes, mais « chassez le naturel, il revient au galop » : on ne change pas une personne en quelqu’un qu’il/elle n’est pas. Relevez les comportements qui vous déplaisent, parlez-en ouvertement le plus tôt possible et observez la capacité de l’autre à tenir compte de vos remarques et à s’ajuster dans la relation.

 

© Olivier Valsecchi

 

 
 
 

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